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Publié Le 4 septembre, 2026 5:51 pm

infantino

La FIFA accuse l’UEFA de mener une « campagne de dénigrement » contre son président Gianni Infantino et s’oppose à la demande de documents formulée par l’instance européenne devant la justice américaine. Au cœur du conflit : le projet d’investissement lié à la Coupe du monde, abandonné après une vive polémique.

Le conflit entre la FIFA et l’UEFA prend une nouvelle tournure. L’instance dirigeante du football mondial a vivement réagi aux démarches entreprises par son homologue européen pour obtenir des documents relatifs à un projet d’investissement controversé autour de la Coupe du monde.

Selon des documents consultés par l’AFP, la FIFA accuse l’UEFA de transformer ses démarches judiciaires en une véritable « campagne de dénigrement » visant l’organisation et sa direction. Elle demande ainsi à des juges américains de pouvoir contester les requêtes déposées par l’instance européenne.

Un projet abandonné après la polémique

À l’origine de cette confrontation se trouve un projet présenté par la FIFA en juillet dernier, qui prévoyait notamment la possibilité de céder des participations liées à la Coupe du monde à des investisseurs.

L’initiative avait suscité de fortes réactions dans le monde du football. L’UEFA avait notamment menacé de boycotter la Coupe du monde si le projet n’était pas abandonné. Face à la contestation, la FIFA avait finalement renoncé à cette stratégie d’investissement.

Mais le dossier ne s’est pas refermé pour autant. L’UEFA cherche désormais à obtenir des documents auprès de la FIFA et de plusieurs partenaires, notamment Thrive Capital, société d’investissement dirigée par Joshua Kushner, présenté comme l’un des principaux investisseurs potentiels.

L’UEFA envisage des poursuites en Suisse

La semaine dernière, l’UEFA a déposé des demandes dans trois États américains afin d’obtenir des documents et des échanges internes liés au projet.

L’instance européenne affirme vouloir utiliser ces éléments dans le cadre d’une éventuelle procédure en Suisse. Elle estime avoir reçu des assurances selon lesquelles une telle démarche pourrait remplir les conditions nécessaires pour être examinée par la justice suisse.

La FIFA conteste toutefois la légitimité de ces demandes. Dans ses documents, elle soutient notamment qu’aucune procédure pénale n’est actuellement engagée en Suisse ou ailleurs et que l’UEFA ne disposerait donc pas du droit de réclamer des documents internes de l’instance mondiale.

La FIFA estime également que l’UEFA ne pourrait pas justifier d’un préjudice financier lui donnant qualité pour agir, même dans l’hypothèse où une procédure judiciaire existait.

Infantino au cœur des tensions

Derrière cette bataille juridique se joue également l’avenir de Gianni Infantino. Le président de la FIFA, qui espère obtenir un quatrième et dernier mandat lors de l’élection prévue en mars prochain, est depuis plusieurs mois la cible de critiques croissantes de la part de l’UEFA.

L’instance européenne avait qualifié le projet d’investissement de la FIFA de « transaction suspecte et opaque » menée dans les coulisses. Elle réclame également, selon les éléments rapportés, une remise en cause de la gouvernance actuelle de l’organisation mondiale.

À l’inverse, Infantino bénéficie du soutien de plusieurs confédérations, notamment la CONCACAF et la Confédération asiatique de football. Le Canadien Victor Montagliani, président de la CONCACAF, est d’ailleurs considéré comme l’un des principaux prétendants susceptibles de se présenter face à Infantino, tandis qu’Aleksander Čeferin, président de l’UEFA, a annoncé qu’il ne serait pas candidat.

Une bataille qui dépasse le simple projet financier

La confrontation entre les deux principales instances du football mondial dépasse désormais la seule question du projet d’investissement abandonné. Elle porte également sur la gouvernance de la FIFA et sur l’équilibre des pouvoirs au sein du football international.

Dans une lettre commune publiée le mois dernier, trois confédérations avaient appelé à une autre conception du pouvoir au sein de la FIFA, estimant que la direction du football mondial ne devait pas devenir une affaire de pouvoir individuel.

La FIFA rejette ces accusations et considère les nouvelles démarches de l’UEFA comme une nouvelle étape de la campagne menée contre son président et son équipe dirigeante.

Alors que l’élection présidentielle de la FIFA approche, ce bras de fer entre Zurich et l’UEFA pourrait ainsi continuer à peser sur les rapports de force au sein du football mondial.

via hespress




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